← Blog · 10 septembre 2026 · Read in English

Décrire ses images : le texte alternatif, et pourquoi il peut aussi s'écouter

Le critère WCAG 1.1.1 impose une alternative textuelle à chaque image porteuse de sens. Ce qu'une description générée fait vraiment, la différence entre un alt court et une description longue, et l'option de la sonoriser.

Le champ « texte alternatif » d'une image est l'endroit le plus souvent vide d'un site, et l'un des plus réglementés. Le critère WCAG 1.1.1, repris par le RGAA comme par l'European Accessibility Act, demande une chose simple à énoncer et fastidieuse à tenir : chaque image porteuse de sens doit avoir une alternative textuelle. En pratique, les photos passent encore, mais les infographies, les graphiques et les cartes arrivent presque toujours sans rien d'utile, parce que rédiger une bonne description à la main, image par image, prend du temps que personne n'a. Le champ reste vide, ou pire, coché « décoratif » alors qu'il ne l'est pas.

Alt court et description longue ne sont pas la même chose

La première confusion à lever, c'est qu'il n'y a pas une alternative, mais deux besoins distincts. L'attribut alt, lu par un lecteur d'écran à la place de l'image, doit être court : une phrase qui dit ce que l'image montre et pourquoi elle est là. « Graphique : les ventes doublent entre janvier et mars » suffit, et un alt trop long fatigue plus qu'il n'aide. Mais une infographie riche, elle, contient une information que cette phrase ne peut pas porter : les chiffres, les étapes, la légende. Pour ces contenus, il faut une description détaillée, plus longue, accessible à côté de l'image.

C'est cette distinction que WeDispatch produit en une fois : à partir de l'image et d'un contexte facultatif (le sujet de l'article), il renvoie une alternative courte prête pour l'attribut alt, et une description détaillée pour les visuels complexes. Le contexte n'est pas un détail : plus vous précisez de quoi parle l'article, plus la description colle au propos plutôt qu'à la simple apparence de l'image.

Ce que ça ne fait pas, et pourquoi c'est important de le dire

Une description générée est un premier jet solide, pas un texte définitif. Sur une photo neutre, elle est souvent directement publiable ; sur un visuel sensible ou ambigu, elle demande une relecture, et c'est vous qui gardez la main sur la formulation finale. Un outil qui prétendrait remplacer entièrement le rédacteur sur ce terrain surpromettrait, et l'accessibilité est justement un domaine où une fausse conformité est pire qu'une absence assumée : un alt automatique et faux coche la case tout en trompant la personne qui en dépend. Le bon usage, c'est de rendre à la rédaction le temps de relire plutôt que celui de rédiger de zéro. Cette honnêteté sur les limites est la même ligne que celle de la page text to speech français : dire ce que l'outil fait, et ce qu'il ne fait pas encore.

L'image qui s'écoute

Il y a une dernière marche, souvent oubliée. Une description détaillée sert la personne qui utilise un lecteur d'écran ; mais l'auditeur qui écoute votre article en entier, lui, arrive à l'image et n'entend rien, parce que l'image n'est pas dans le flux audio. WeDispatch permet de générer aussi la description en audio, avec les mêmes voix que le reste de l'article. Une infographie devient alors réellement écoutable, cohérente avec l'habillage sonore de la page, au lieu d'être un trou silencieux au milieu d'une lecture par ailleurs soignée.

C'est le prolongement naturel de l'audio comme geste d'accessibilité, que nous avons abordé sous l'angle réglementaire dans le RGAA et la version audio, et sous l'angle de l'usage pour les personnes malvoyantes et en basse vision. Décrire l'image, puis la rendre audible, ferme une boucle que le texte seul laissait ouverte.

Par où commencer

Inutile de tout reprendre d'un coup. Repérez les pages où les visuels portent l'information (les articles de data, les dossiers illustrés, les fiches produit avec un schéma) et traitez-les d'abord : c'est là que l'alternative textuelle manque le plus, et là qu'elle rapporte le plus. Le geste tient en trois temps : vous déposez l'image et le contexte, vous recevez l'alt court et la description longue, et vous sonorisez la description si votre édition est déjà en audio. Cela s'inscrit dans le même effort que les sous-titres tirés de l'audio : partir du contenu que vous avez déjà, et le rendre accessible par plusieurs entrées, pour que personne ne reste devant une image muette.

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