France, Belgique, Suisse, Québec, Afrique : un seul outil face aux variantes du français
Le français ne se lit pas partout pareil : nombres, mots régionaux, accents. Ce qu'un outil vocal pensé pour le français ajuste réellement d'une variante à l'autre, et ce qui reste aujourd'hui hors de sa portée, dit sans détour.
Le français est parlé sur quatre continents, et il ne s'y dit pas de la même façon. Un outil vocal unique doit donc lire aussi bien un texte parisien qu'un texte bruxellois, genevois, montréalais ou dakarois. La vraie question n'est pas de savoir s'il en est capable, il lira les mots dans tous les cas, mais de savoir ce qu'il ajuste vraiment d'une variante à l'autre, et où il s'arrête. Voici l'inventaire honnête : ce que l'outil règle aujourd'hui, et ce qui reste hors de portée.
Ce qui change vraiment d'une variante à l'autre
Trois choses distinguent le français d'un pays à l'autre, et elles ne posent pas les mêmes problèmes à une machine.
Le vocabulaire d'abord. Magasiner et courriel au Québec, septante et nonante en Belgique et en Suisse, dépanneur, poutine, drache, s'encaisser : ce sont des mots français, avec une graphie française. Une voix de synthèse les lit sans broncher, parce qu'elle lit des lettres, pas un dictionnaire régional. Le vocabulaire local n'est donc pas, en soi, un obstacle.
Les nombres ensuite, et c'est là que ça se corse. Un texte belge ou suisse écrit « septante » et « nonante » là où la France écrit « soixante-dix » et « quatre-vingt-dix ». Si le nombre est écrit en toutes lettres, l'outil le lit tel quel, sans problème. Mais si le texte écrit « 70 » ou « 90 » en chiffres, l'outil les vocalise selon le système du français de France, donc « soixante-dix » et « quatre-vingt-dix », y compris pour un lecteur belge qui attendait « septante » et « nonante ». C'est un vrai décalage, et il faut le connaître.
L'accent enfin, c'est-à-dire la prosodie, la couleur des voyelles, la mélodie de la phrase. C'est ce qui fait qu'une oreille reconnaît « quelqu'un d'ici » ou « quelqu'un de France ». Et c'est la dimension la plus lourde à changer, parce qu'elle ne tient pas dans un mot, elle tient dans la voix elle-même.
Ce que l'outil ajuste aujourd'hui
Deux leviers sont réels et disponibles.
Le premier est la correction ciblée de prononciation. Elle permet d'imposer, une fois pour toutes, la façon dont un mot précis doit être lu, et l'outil la respecte ensuite partout. C'est l'outil qui règle les noms propres régionaux, les toponymes, les mots piégeux. Un éditeur suisse romand ou québécois cale ainsi son vocabulaire récurrent en amont, et n'y revient plus.
Le second est le choix de la voix par défaut, y compris par langue sur un site multilingue, comme nous le détaillons pour les sites belges multilingues. Vous choisissez la voix qui portera vos contenus, son timbre, son débit, son genre.
Ce que ces deux leviers ne couvrent pas, c'est la conversion automatique des nombres en chiffres vers la variante régionale. Aujourd'hui, « 90 » se lit « quatre-vingt-dix ». Si vous éditez pour un lectorat belge ou suisse et que la lecture « nonante » compte pour vous, la parade existe mais elle est manuelle : écrire le nombre en toutes lettres dans le texte. Ce n'est pas élégant, c'est efficace, et nous préférons vous le dire que le taire.
Ce qui reste hors de portée
L'accent, lui, ne se règle pas. Nos voix françaises portent l'accent standard de France. Nous n'offrons pas aujourd'hui de voix à l'accent québécois, belge, suisse ou ouest-africain. Un texte québécois confié à l'outil est lu correctement et reste pleinement intelligible, mais il sonnera « de France », et nous l'avons montré en détail dans notre article sur le français du Québec. Même chose pour la Suisse romande, dont nous parlons ici : l'intelligibilité est acquise, l'accent local ne l'est pas.
Pour beaucoup d'usages, presse spécialisée, contenus institutionnels, documentation, blogs professionnels, cette intelligibilité suffit largement, et l'accent importe peu. Pour un média qui fait de la proximité orale un argument de marque, c'est une limite réelle, et c'est un critère de décision à peser avant de tester, pas une déception à découvrir après.
Notre parti pris
Un seul outil pour toutes les variantes du français, cela veut dire une chose claire : il lit correctement, dans toutes, et il vous donne les réglages pour corriger les mots. Cela ne veut pas dire qu'il imite chaque accent, parce que nous ne fabriquons pas une demi-solution qui sonnerait faux partout. C'est la ligne que défend notre page text to speech français : mieux vaut bien lire une langue et dire où s'arrête le réglage, que promettre cinq accents et n'en tenir aucun. La variante, on l'ajuste là où c'est honnête ; l'accent, on ne le maquille pas.
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