iPhone, Ikea, L'Oréal : comment une voix française lit les noms de marques
Les noms de marques ne suivent aucune règle de lettre à son : capitale au milieu, sigle épelé, prononciation étrangère francisée. Ce qu'un moteur de synthèse vocale en fait, où il trébuche, et comment fixer la bonne lecture une fois pour toutes.
Un nom de marque est un mot qui a le droit de ne respecter aucune règle. « iPhone » commence par une minuscule suivie d'une capitale au milieu du mot, « L'Oréal » porte une apostrophe et un accent, « Ikea » se dit à la française alors qu'il vient du suédois, « SNCF » s'épelle lettre par lettre quand « Fnac » se prononce comme un mot. Aucune de ces lectures ne se déduit de l'orthographe seule. Pour une voix de synthèse, les marques sont donc un condensé de tout ce qui piège le français lu par machine, réuni dans des mots que vos lecteurs connaissent par cœur et dont la moindre déformation s'entend aussitôt.
Quatre familles de pièges, un exemple chacune
Les difficultés ne sont pas toutes de même nature. Les ranger aide à comprendre où un moteur va se tromper.
| Nom écrit | Lecture attendue | Erreur fréquente | Le piège |
|-----------|------------------|------------------|----------|
| iPhone | aïe-fone, un seul mot | « i. Phone », coupé en deux | Capitale au milieu du mot |
| SNCF | ès-en-cé-èf, épelé | « sœnkf », prononcé comme un mot | Sigle qui s'épelle |
| Ikea | i-ké-a, à la française | « aï-ki-a » à l'anglaise | Marque étrangère francisée |
| L'Oréal | lo-ré-al | l'apostrophe lue, ou l'accent perdu | Ponctuation dans le nom |
La capitale interne est le cas le plus courant aujourd'hui, parce que les noms de produits en raffolent : YouTube, PayPal, LinkedIn, WhatsApp, AirPods, eBay. Un moteur naïf voit la majuscule comme un début de mot, voire de phrase, et insère une coupure là où il n'y en a aucune. « LinkedIn » devient « Linked In » avec un silence au milieu, et l'oreille bute. Un moteur qui lit vraiment le français traite ces noms comme des blocs, exactement comme il sait que « McDonald's » n'est pas « Mc Donald's ».
Les sigles, un cas à part déjà connu
Beaucoup de marques sont des sigles, et la question de savoir si on les épelle ou si on les prononce ne se règle pas au cas par cas dans la voix : elle suit les règles décrites pour les sigles et acronymes. SNCF, BNP, SFR, RATP s'épellent ; Fnac, Assedic se prononcent comme des mots ; certains dépendent de l'usage. Un moteur sérieux applique la règle générale, mais l'usage d'une marque précise reste le vôtre : si votre secteur épelle « FDJ » alors qu'un autre le dirait autrement, c'est à vous de fixer la lecture.
Les marques étrangères, entre origine et usage français
Une marque venue d'ailleurs se dit rarement comme dans sa langue d'origine une fois adoptée en France. « Ikea » est suédois mais se prononce « i-ké-a » chez nous, « Huawei » se dit couramment « wa-wé », « Nike » hésite entre « naïk » et « nike ». Ici, il n'y a pas de bonne réponse universelle : il y a l'usage de vos lecteurs. Un moteur réglé pour le français penchera vers la prononciation française courante, ce qui est le bon défaut pour un contenu destiné à la France, et c'est précisément le genre d'arbitrage que porte la page text to speech français : mieux vaut une voix qui assume la lecture française d'un mot importé qu'une voix qui bascule en accent anglais au milieu d'une phrase. Le sujet rejoint celui des anglicismes, avec une nuance : un nom de marque n'a pas de traduction, seulement une prononciation d'usage.
La ponctuation cachée dans les noms
Certaines marques portent des signes qui ne sont pas là pour être lus tels quels. Le « & » de « H&M » ou « M&M's » se dit « et », pas « esperluette » ; l'apostrophe de « L'Oréal » ne se prononce pas, elle se lie ; l'accent de « Nestlé » doit survivre au passage en capitales. Ce sont les mêmes fragilités que pour les majuscules accentuées : un signe perdu dans la source, et le nom se déforme sans que rien ne l'annonce.
Le geste qui verrouille la bonne lecture
Pour les marques qui reviennent dans vos contenus, la prononciation ne doit pas dépendre de l'humeur du moteur. Elle se fixe une fois dans le lexique de prononciation : vous déclarez comment « Xiaomi », « Decathlon » ou le nom de votre propre média doit se lire, et la décision s'applique à tous les articles suivants. C'est la seule façon d'être sûr qu'un partenaire, un annonceur ou un concurrent cité sera nommé correctement à chaque fois, sans relecture article par article.
Tester en une minute
Écrivez une phrase avec trois marques à capitale interne et une marque étrangère, par exemple « J'ai comparé l'iPhone, un modèle sur LinkedIn et un meuble Ikea ». Écoutez : les capitales internes passent-elles sans coupure, « Ikea » se dit-il à la française ? Un outil qui gère les quatre correctement lit vraiment des blocs et connaît l'usage français. Un outil qui coupe « Linked In » et anglicise « Ikea » vous dira, en une phrase, tout le travail de lexique qui vous attend. Comme toujours, on ne juge pas un moteur sur un beau texte : on le juge sur les mots que vos lecteurs reconnaîtraient les yeux fermés.
Sonorisez vos articles avec WeDispatch
Ce blog sera lui-même sonorisé par WeDispatch. Envie de voir ce que ça donne sur vos contenus ?
Demandez une démo