← Blog · 30 septembre 2026 · Read in English

Voix de synthèse : faut-il le signaler ? Ce que dit le règlement européen

Doit-on dire à l'auditeur qu'il écoute une voix de synthèse ? Ce que l'AI Act prévoit, depuis quand et pour qui, et pourquoi WeDispatch affiche la mention par défaut.

La question se pose dès qu'on met un article en audio avec une voix qui n'est pas celle d'un journaliste au micro : faut-il le dire à l'auditeur ? Elle a longtemps relevé du bon goût ou de la charte maison. Depuis le 2 août 2026, elle relève aussi du droit. Cet article distingue les deux, parce qu'ils ne disent pas la même chose : ce que le règlement européen sur l'intelligence artificielle exige, et ce que nous avons choisi de faire, qui va un peu plus loin.

Ce que le règlement exige, sans extrapoler

Le règlement (UE) 2024/1689, l'« AI Act », consacre son article 50 à la transparence. Deux obligations distinctes s'y trouvent, et il faut les séparer parce qu'elles ne pèsent pas sur la même personne.

L'article 50, paragraphe 2, vise le fournisseur du système : celui qui produit un système d'IA générant du son, de l'image, de la vidéo ou du texte de synthèse doit faire en sorte que ces sorties soient marquées comme artificiellement générées, dans un format lisible par une machine et détectable. C'est une obligation technique, sur le fichier lui-même.

L'article 50, paragraphe 4, vise le déployeur : celui qui utilise un tel système pour produire ou manipuler un contenu doit, dans les cas prévus, informer les personnes que le contenu a été généré ou manipulé artificiellement. C'est une obligation d'affichage, envers le public.

Ces obligations de transparence de l'article 50 s'appliquent depuis le 2 août 2026. Un éditeur qui met ses articles en audio avec une voix de synthèse est, pour ce texte, un déployeur : c'est à lui que revient, selon le contenu et le contexte, l'obligation d'information. Le reste (savoir précisément quels contenus sont couverts, quelles exemptions jouent) dépend de sa situation et se lit dans le texte, pas dans une plaquette : nous n'irons pas au-delà de ce que dit l'article.

Ce que WeDispatch a choisi, et pourquoi la mention est là par défaut

Notre choix précède l'échéance et il est plus simple que le droit : la mention « Lu par une voix de synthèse » s'affiche par défaut sous le lecteur, sur tous les comptes. Elle a été mise en place le 23 septembre 2026. Un éditeur peut la retirer depuis les réglages de son lecteur ; mais tant qu'il ne fait rien, elle est présente.

Le raisonnement tient en une phrase, et il n'est pas juridique : nous n'avons pas de raison de la cacher. Une voix de synthèse de bonne qualité finit par ne plus s'entendre comme telle, et c'est justement ce qui a changé ces dernières années. Le jour où un auditeur le découvre seul, la mention qu'on n'a pas faite se transforme en défiance : ce n'est plus une information, c'est quelque chose qu'on lui a caché. Afficher par défaut, c'est refuser ce moment-là.

Un détail dit bien l'esprit du réglage. La mention peut être retirée par l'éditeur, sauf dans un cas : quand un visage est affiché à côté de la voix (l'avatar d'un lecteur, une photo). Un portrait à côté d'une voix de synthèse, sans la phrase qui le dit, laisse croire à une personne qui lit. Là, la mention reste, quoi qu'il arrive. C'est la même exigence de franchise que celle de notre voix signature : une voix peut être belle sans prétendre être humaine.

Signaler la voix, ce n'est pas certifier le texte

Une confusion fréquente mérite d'être dissipée : dire « cette voix est de synthèse » ne dit rien de qui a écrit l'article. Ce sont deux questions séparées, et nous les traitons séparément. La mention sous le lecteur parle de la voix. La provenance du texte (a-t-il été préparé par un modèle de langage, ou non) relève d'autre chose : c'est le sujet du mode charte et de la synthèse sans IA générative, pour les rédactions qui interdisent tout contenu généré. Une rédaction peut vouloir une voix de synthèse et un texte cent pour cent humain : les deux mentions coexistent sans se contredire.

Pour aller au bout de la logique de transparence, savoir où part le texte pendant la fabrication compte autant que savoir qu'il est lu par une machine. Notre page sur le text to speech français expose le parti pris, et un article dédié détaille où vont les données : la transparence sur la voix serait creuse si le trajet du texte, lui, restait opaque.

En pratique, pour un éditeur

Retenez trois choses. D'abord, l'obligation existe et s'applique depuis le 2 août 2026 : ce n'est plus une question de style. Ensuite, en tant que déployeur, l'information au public vous incombe, et la mention affichée par défaut y répond directement, sans réglage de votre part. Enfin, si vous la retirez, faites-le en connaissance de cause, et sachez qu'elle reste affichée dès qu'un visage accompagne la voix. Le plus simple, et le plus honnête, reste souvent de ne rien toucher : la voix est belle, l'article est bon, et le dire n'enlève rien à ni l'un ni l'autre.

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