Certificat de provenance : prouver ce qui a fabriqué la version audio d'un article
Une rédaction qui signe une charte sur l'IA doit pouvoir montrer ce qui a touché ses textes. Ce que dit la page publique de provenance de chaque audio WeDispatch, ce qu'elle tait volontairement, et ses limites.
Beaucoup de rédactions ont désormais une charte sur l'intelligence artificielle. Certaines autorisent un modèle de langage pour préparer un texte, d'autres l'interdisent pour tout ce qui sort sous leur signature. Dans les deux cas, la même question finit par arriver, posée par un directeur juridique, un comité d'éthique ou un lecteur qui écrit au médiateur : « Qu'est-ce qui a fabriqué cet audio, exactement ? »
Répondre « faites-nous confiance » ne suffit pas. Une charte qui ne peut pas être vérifiée reste une déclaration d'intention. C'est pour cela que chaque version audio produite par WeDispatch porte un certificat de provenance : une page publique, ouverte sans compte, qui dit ce qui s'est réellement passé pendant la fabrication. Voici ce qu'elle contient, ce qu'elle ne montre pas, et pourquoi.
D'où vient ce certificat
Le certificat n'est pas rédigé après coup. Il est tiré d'un journal enregistré au moment de la fabrication, étape par étape, par le même code qui prépare le texte et le fait lire. Chaque transformation y ajoute sa ligne : si le lexique du client a remplacé trois noms propres, la ligne le dit ; si une préparation de texte a dû se replier ailleurs qu'en Europe à cause d'une panne, la ligne le dit aussi.
Ce dernier point est le plus important. Un certificat qui n'afficherait que les bonnes nouvelles ne prouverait rien, et celui qui le lit le sait. Les replis techniques sont donc affichés, et ils ressortent en couleur dans la liste plutôt que d'être noyés au milieu.
Ce que la page affiche
Le haut de la page résume la version en ligne :
- le numéro de version et la date de fabrication ;
- la durée de l'audio et sa langue ;
- le modèle de langage : en mode charte, la ligne dit en clair « Aucun. Le texte lu est celui du journaliste. » ; en mode standard, elle dit qu'un modèle a préparé le texte, avec son palier et son lieu de traitement ;
- la voix : son palier et le lieu où elle a été produite ;
- le mode de préparation (charte ou standard).
Vient ensuite la liste de ce qui a été fait au texte. Ce sont des lignes concrètes : un lien Markdown réduit à son libellé, des prononciations ajoutées depuis le lexique, des passages prononcés autrement qu'ils ne s'affichent, des citations lues par une seconde voix, des annonces de citation dites à l'oral et absentes du texte affiché.
Enfin, un bloc « Ce qui a été dit autrement qu'écrit » compte, par catégorie, les passages convertis par les règles de lecture du français : nombres, dates, montants, sigles. Ces conversions ne s'entendent que dans l'audio, le lecteur continue de voir le texte du journaliste. C'est la mécanique décrite sur notre page text to speech français : des règles déterministes, vérifiables hors ligne, plutôt qu'une réécriture opaque.
Ce que la page ne montre pas, volontairement
Le certificat atteste, il ne republie pas. Il n'affiche donc ni le texte de l'article, ni son titre, ni le nom de l'éditeur, ni aucun identifiant de compte. On peut l'envoyer à un auditeur extérieur sans lui transmettre le contenu.
Il ne nomme pas non plus les fournisseurs techniques. Le journal dit le palier et le lieu de traitement, pas la marque contractée ce trimestre-là. Ce qu'une rédaction doit pouvoir démontrer, c'est où son texte est parti et par quel type de traitement il est passé ; la question du trajet complet des données est détaillée dans où vont les données d'une synthèse vocale.
La page n'est pas indexée par les moteurs de recherche. C'est une pièce de dossier qui se consulte sur invitation, pas une page de plus dans les résultats de Google.
Où le trouver
Dans l'espace client, la fiche de chaque audio a un bloc « Provenance » avec le bouton « Voir le certificat public », et la liste « Mes audios » propose le même lien sur chaque ligne prête. L'adresse s'ouvre dans un nouvel onglet et peut être copiée telle quelle dans un courriel, un rapport d'audit ou une réponse à un lecteur.
Une version, un certificat
Chaque génération, traduction ou correction crée une version numérotée. Rien n'est modifié en place : quand on retouche une phrase, la version précédente reste ce qu'elle était, et le certificat porte sur celle qui est en ligne. La correction elle-même laisse sa trace (« passages modifiés relus et recousus »), ce qui permet de distinguer un audio fabriqué d'un trait d'un audio corrigé après publication.
Les limites, dites franchement
Trois situations ne donnent pas de certificat :
- les audios produits avant la mise en place du journal de provenance : la page le dit au lieu d'inventer un contenu ;
- les écoutes privées de WeDispatch Radio (documents personnels, PDF) : elles ne sont jamais publiées, et n'ont donc pas de page publique, certificat compris ;
- un audio pas encore prêt : le bouton n'apparaît qu'une fois la fabrication terminée.
Autre limite à connaître : le certificat dit ce que notre chaîne a fait. Il ne dit rien de ce qui est arrivé au texte avant de nous parvenir. Si un article a été rédigé avec un outil génératif dans votre CMS, rien chez nous ne peut le savoir.
À quoi cela sert concrètement
Pour une rédaction qui interdit l'IA générative sur ses textes, le certificat d'un audio en mode charte est la pièce qui manque : il dit noir sur blanc qu'aucun modèle de langage n'a touché le texte lu, et liste les seules règles appliquées. Le fonctionnement de ce mode est expliqué dans une synthèse vocale sans IA générative.
Pour un média qui accepte un modèle de préparation, il sert autrement : montrer où ce modèle a tourné, et prouver qu'il n'y a pas eu de repli hors d'Europe sur tel article, à telle date. Et pour la question voisine de l'information de l'auditeur, celle de savoir s'il faut signaler une voix de synthèse, nous avons fait le point dans faut-il signaler une voix de synthèse.
Le principe tient en une phrase : une promesse commerciale ne vaut rien devant un auditeur, une page qui dit ce qui s'est passé, y compris quand ça s'est mal passé, vaut quelque chose.
Sonorisez vos articles avec WeDispatch
Ce blog sera lui-même sonorisé par WeDispatch. Envie de voir ce que ça donne sur vos contenus ?
Demandez une démoÀ lire aussi
- Noms bretons, basques, corses, alsaciens : pourquoi la synthèse vocale les écorche, et comment on les corrige
- Questionnaire de sécurité pour un outil audio : les questions à poser, et nos réponses, y compris les non
- Voix de femme ou d'homme pour une citation : ce que la phrase française dit de qui parle