La synthèse vocale apprend-elle de vos corrections ?
Vous corrigez un nom de commune, un patronyme, un terme métier mal lu. La correction sert-elle au-delà de l'article du jour ? Voici ce que WeDispatch retient d'une correction, ce qu'il en fait pour votre compte, et à quelle condition elle profite aux autres rédactions.
Vous écoutez votre article avant de le publier, vous entendez un nom de commune écorché, vous corrigez le passage. La question vient tout de suite après : cette correction sert-elle à quelque chose, ou faudra-t-il la refaire demain sur le prochain article qui contient le même mot ? C'est une question honnête, et la réponse l'est aussi. Oui, une correction de lecture est retenue, mais pas de la façon un peu magique qu'on imagine. Elle ne disparaît pas dans un modèle qui s'améliorerait tout seul dans l'ombre. Elle suit un chemin précis, en trois temps, et un seul des trois est automatique.
Ce qu'est une correction de lecture, et ce qui n'en est pas une
Tout ne peut pas servir de signal. Si vous changez deux mots d'une phrase, vous avez réécrit votre texte, vous n'avez pas corrigé une prononciation, et le produit ne doit rien en conclure sur la façon de lire le français. WeDispatch ne retient donc qu'une correction courte et nette : un seul mot changé dans un passage bref, avec une limite stricte de quatre mots et d'une soixantaine de caractères. Au-delà, c'est une réécriture, et elle est écartée.
Un deuxième filtre, plus subtil, protège les autres rédactions d'une bêtise. Une correction de lecture garde presque toujours l'initiale du mot ou l'allonge pour l'épeler : « Gyökeres » devient « Gueukeurech ». Si vous remplacez « Rennes » par « Nantes », le produit refuse d'y voir une correction de prononciation, parce que ce n'en est pas une : c'est une correction de fond, et il serait grave de la proposer à quelqu'un d'autre. Cette prudence vient d'un parti pris que nous tenons partout dans la lecture du français : dans le doute, on ne touche pas.
Temps un : pour vous, tout de suite
La correction d'un mot devient une proposition d'entrée de lexique, pour votre compte à vous. Vous l'acceptez d'un clic, et le mot est désormais bien dit sur tous vos articles suivants, sans que vous ayez à y repenser. C'est le prolongement naturel du lexique de prononciation que vous pouvez aussi remplir à la main.
Rien n'est écrit sans votre clic, et c'est délibéré. Une entrée de lexique est un arbitrage éditorial : décider que votre commune se dit ainsi et pas autrement vous appartient, à vous et pas à la machine. Le produit vous propose, il ne décide pas à votre place. Les corrections les plus fréquentes remontent en tête de la liste des propositions, pour que le geste d'acceptation aille au plus utile.
Temps deux : entre rédactions, sous condition
Voici la partie qui surprend, et la seule où votre correction peut servir à d'autres. Si trois rédactions indépendantes corrigent le même mot de la même façon, ce n'est plus une préférence locale, c'est probablement une règle du français que nous ne connaissions pas encore. Le mot devient alors un candidat pour le dictionnaire partagé.
Deux garde-fous encadrent ce passage, et ils comptent. D'abord, le comptage porte sur le nombre de rédactions distinctes, jamais sur le nombre de corrections : une seule rédaction qui corrige trente fois le même nom exprime sa préférence, pas une vérité générale. Ensuite, un candidat n'entre jamais tout seul au dictionnaire. Il faut qu'un humain de chez nous le relise et le valide, parce qu'une règle partagée fausse empoisonnerait tout le parc d'un coup, sans que personne sache d'où vient le défaut. Ce que le produit fabrique à ce stade est une liste à relire, pas une règle active.
Et ce qui circule entre comptes est volontairement minuscule : la paire « mot mal dit vers mot bien dit », jamais la phrase, jamais l'article. Votre texte ne sort pas de votre compte. Le signal vient toujours des rédactions qui écoutent, jamais des lecteurs : aucune donnée d'auditeur n'entre dans ce mécanisme.
Temps trois : ce qui est appris ne se recasse plus
Chaque correction confirmée devient un cas d'un banc d'essai que nous relançons en continu. La conséquence est peu spectaculaire et c'est la plus importante des trois : le produit ne peut plus réintroduire une erreur qu'il a corrigée une fois. Un mot bien dit aujourd'hui reste bien dit après la prochaine mise à jour du moteur.
Ce que ça ne fait pas, et pourquoi c'est volontaire
Ce n'est pas un modèle qui apprend, c'est un comptage sur des corrections humaines. Ce choix a un prix et un bénéfice. Le prix : le produit n'inventera jamais la prononciation d'un mot qu'il n'a jamais vu corrigé, il attend votre geste. Le bénéfice : tout reste lisible, reproductible et explicable à un comité, ce qui n'est pas rien quand vous devez justifier votre chaîne de production face à une charte interne. C'est la même logique que notre refus d'un moteur qui lirait le français sans règle vérifiable. Une correction qui sert pour de bon vaut mieux qu'une promesse d'intelligence qui s'améliore sans qu'on puisse dire comment.
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