Lire une adresse web, un courriel ou une mention à voix haute
wedispatch point efférre, contact arobase, @julien, dièse accessibilité : chaque adresse a une lecture attendue et plusieurs façons de la rater. Ce qu'une voix de synthèse doit dire, où elle dérape, et le geste pour lui imposer la bonne lecture.
Un article de blog moderne ne contient pas que des phrases. Il contient une adresse de site en fin de paragraphe, une adresse de contact dans l'appel à l'action, le nom d'un compte social précédé d'une arobase, parfois un mot-clic. Ces formes se lisent des yeux sans effort, parce que le lecteur reconstruit tout seul « point f r » ou « arobase ». Une voix de synthèse, elle, doit décider quoi prononcer, quoi épeler, et quoi taire. C'est un des endroits où une lecture générique se trahit le plus vite, parce que tout le monde connaît le son juste d'une adresse et repère immédiatement le faux.
Le tableau des formes qui piègent
Voici les formes qui reviennent le plus souvent dans un contenu web, la lecture qu'on en attend, et l'erreur qu'on entend réellement sur une voix mal préparée.
| Forme écrite | Lecture attendue | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| wedispatch.fr | wedispatch point efférre | « wedispatch point f r » épelé, ou « point fr » comme un mot |
| https://wedispatch.fr | wedispatch point efférre | « h t t p s deux-points slash slash » lu en entier |
| contact@wedispatch.fr | contact arobase wedispatch point efférre | « contact à wedispatch », « at » à l'anglaise |
| @julien | arobase julien | « à julien », ou l'arobase avalée |
| #accessibilite | dièse accessibilité | « hashtag », « croisillon », ou le mot collé au signe |
| /blog/audio | slash blog slash audio | le chemin lu comme un seul mot imprononçable |
| 06 12 34 56 78 | zéro six, douze, trente-quatre... | la suite lue chiffre par chiffre sans groupement |
| RGPD | erre-gé-pé-dé | une tentative de prononciation « à la française » |
Chaque ligne est un test que vous pouvez faire passer à n'importe quel outil en deux minutes, y compris au nôtre. La colonne de droite n'a rien de théorique : ce sont les lectures fausses qu'on entend sur des voix qui prédisent la prononciation sans modèle du texte web français.
Pourquoi c'est difficile pour une machine
Le fond du problème est que le même caractère ne se lit pas pareil selon ce qui l'entoure. Le point vaut « point » dans une adresse et rien du tout en fin de phrase, où il devient une pause. Le slash est « slash » dans un chemin d'URL, mais « sur » dans une fraction et « mars » dans une date. L'arobase est « arobase » dans une adresse et n'existe presque pas ailleurs. Une voix neuronale ne raisonne pas sur ces contextes : elle prédit une prononciation à partir de ce qu'elle a vu à l'entraînement, et le web français y est bien moins représenté que la prose courante.
S'ajoute une question de bon goût qui n'est pas qu'esthétique. Faut-il lire le protocole d'une adresse ? Presque jamais : personne ne dit « h t t p s deux-points » à voix haute, et une voix qui le fait allonge la phrase d'une bouillie que l'auditeur devra ignorer. La bonne préparation d'un texte web consiste donc autant à décider ce qu'on tait qu'à décider ce qu'on prononce. C'est un travail de règles appliquées avant la synthèse, pas un réglage de voix, et c'est exactement la logique défendue sur la page text to speech français : ce qui compte se joue avant que le son sorte.
Ce que WeDispatch en fait, sans surpromesse
Les formes courantes du tableau sont traitées par la normalisation appliquée à chaque article : un nom de domaine se lit avec ses points prononcés, une adresse de courriel passe par « arobase », le protocole d'une URL n'est pas lu, et un numéro de téléphone français se groupe par paires plutôt que de s'égrener chiffre à chiffre. C'est le socle, celui qu'on considère comme acquis, pas comme une option.
Restent les cas où aucune règle ne devine juste. Une extension de domaine peu courante, un nom de compte qui n'est pas un vrai mot, un mot-clic dans une langue étrangère : là, le contexte ne suffit pas. Pour ces lectures particulières qui doivent tenir sur tous vos articles, le lexique de prononciation vous laisse déclarer la forme attendue une fois pour toutes, sans réécrire vos textes ni régénérer les audios déjà produits. C'est le même remède que pour un sigle métier ou un nom de commune : une règle claire, écrite une fois, qui tient dans le temps.
Le bon réflexe de rédaction
La moitié du travail se fait à la saisie, et c'est une bonne habitude indépendamment de l'audio. Une adresse écrite proprement, un numéro groupé, un mot-clic lisible : un texte bien tenu se lit mieux à l'oreille comme il se lit mieux à l'écran. Quand vous glissez une adresse de contact dans un article, préférez la forme complète et régulière à une abréviation maligne que ni l'humain ni la machine ne déchiffrent d'un coup.
Le reste relève du même principe que les sigles et les noms propres, traités dans sigles et acronymes en audio et dans bien prononcer les noms propres dans un audio de presse. Une adresse mal lue, un sigle écorché et un nom de ville massacré sont trois symptômes du même manque : une voix qu'on n'a jamais préparée à lire autre chose que des phrases. Le remède est le même, et il tient en une phrase : de bonnes règles avant la synthèse, et la main gardée sur les cas particuliers.
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